Les mauvaises décisions des patients entraînent un gaspillage des dépenses liées aux médicaments

Dans le numéro d'août des Faits saillants sur les avantages sociaux, l'une des principales constatations du rapport de 2013 sur les tendances en matière de dépenses pour les médicaments d'Express Scripts Canada (ESC) était que jusqu'à 1 $ par tranche de 3 $ dépensés pour les médicaments était gaspillé.

Selon les recherches d'ESC, 33 % des dépenses annuelles pour les médicaments sont gaspillées puisqu'elles sont élevées, mais n'améliorent pas la santé des travailleurs. En fait, les données révèlent que le principal facteur de l'inflation du prix des médicaments d'ordonnance ne sont pas les médicaments spécialisés, mais les mauvaises décisions des patients.

Les deux principales sources de gaspillage sont les modes de distribution (25 %) et le mélange des médicaments (75 %).  La première source de gaspillage découle du fait que les membres choisissent des modes de distribution coûteux et ne font pas une utilisation optimale des intervalles de prescription, ce qui entraîne des frais d'ordonnance plus élevés que nécessaire. La deuxième source découle du fait que les membres utilisent des médicaments à coût élevé qui n'entraînent aucun bienfait supplémentaire pour la santé.  

Gaspillage lié aux modes de distribution
Le recours à des modes de distribution coûteux et la mauvaise utilisation des intervalles de prescription pour les médicaments d'entretien ont fait en sorte que les frais d'ordonnance étaient plus élevés qu'ils auraient dû l'être en 2013. Le pourcentage de patients qui fréquentent des pharmacies qui facturent des frais d'ordonnance élevés a également augmenté. En 2013, 44 % des demandes comprenaient des frais d'ordonnance équivalents ou supérieurs à 11,99 $, une augmentation de 37 % par rapport à 2012. L'éducation des patients permettrait aux membres de réaliser des économies à l'égard des frais d'ordonnance et de leur régime d'avantages sociaux.

L'optimisation des intervalles de prescription, dans les cas qui s'appliquent, permet de diminuer le nombre de visites aux pharmacies et de réduire la quantité d'argent dépensé pour les frais d'ordonnance. Les recherches d'ESC indiquent qu'en 2013, le nombre de jours d'approvisionnement moyen en médicaments d'entretien était de 47, alors que le nombre de jours d'approvisionnement optimal est de 90. En fait, 60 % des demandes qui ont été réglées visaient une durée d'approvisionnement de 30 jours ou moins.  Une augmentation de la durée d'approvisionnement à 90 jours permettrait de réduire le nombre de frais d'ordonnance payés et de réduire ainsi le gaspillage lié aux modes de distribution.

Gaspillage découlant du mélange de médicaments
Bien que la substitution par des médicaments génériques ait aidé à lutter contre le gaspillage découlant du mélange de médicaments, la substitution thérapeutique est nécessaire pour éliminer réellement ce type de gaspillage.

La substitution thérapeutique est le fait de remplacer un médicament prescrit coûteux par un médicament thérapeutique moins coûteux qui offre des bienfaits semblables pour la santé.
 
En plus du gaspillage lié aux modes de distribution et le mélange des médicaments, on compte également les coûts inutiles liés au non-respect du traitement par les patients. Si un membre ne respecte pas le traitement prescrit, cela entraîne des lacunes. D'après les recherches d'ESC, 40 % des patients qui ont des problèmes de santé chroniques courants comme le diabète et l'hypertension artérielle ne respectent pas leur traitement. Lorsque les membres du régime ne prennent pas leurs médicaments selon leur ordonnance, cela peut entraîner d'autres problèmes de santé ainsi que des coûts connexes liés à l'invalidité et à la maladie.  

Il y a donc lieu de se demander pourquoi les employés prennent de mauvaises décisions. Les recherches indiquent que la majorité des patients veulent exactement la même chose que les promoteurs de régimes : des bienfaits pour la santé à moindre coût. Toutefois, vu le gaspillage annuel de 33 % des dépenses liées aux médicaments, il existe une lacune évidente entre ce que les employés veulent et ce qu'ils font. La première chose à faire pour aider les employés à prendre de meilleures décisions est de combler cette lacune entre leur intention et leur comportement.

Le numéro d'octobre des Faits saillants sur les avantages sociaux portera sur les solutions qui permettraient d'inciter les patients à prendre de meilleures décisions, soit des décisions qui permettraient de réduire le gaspillage, de faire en sorte que les promoteurs de régimes puissent assumer le coût des régimes d'assurance médicaments, de réduire les frais de coassurance et d'optimiser les bienfaits pour la santé des employés.